Hacking
Richard Stallman : « La censure sur le web a explosé en France »
Le père du logiciel libre, Richard Stallman, était l’invité d’Eva Joly, candidate écolo, qui souhaite « s’inspirer de ses idées révolutionnaires » pour son programme. A 58 ans, ce « gouru » aux cheveux longs n’a rien perdu de son engagement pour les droits numériques. S’il dénonce avec vigueur les « prisons cool » d’Apple, Richard Stallman s’attaque aussi aux politiques répressives de Nicolas Sarkozy. Interview.
Quel est le but de cette rencontre avec Eva Joly ?
- Je cherche avant tout un appui politique pour le logiciel libre et pour la liberté de partager.
Appelez-vous les Français à voter pour elle en 2012 ?
- Je n’ai pas encore décidé. Je leur ai donné mes conseils, mais ils doivent encore décider. Pour l’instant, ils vont dans la bonne direction, mais je vais voir qu’elle sera leur posture finale.
Et que pensez-vous du projet socialiste ?
- Je ne l’ai pas encore vu. On m’a raconté les récents changements de posture de [François] Hollande. Il a parlé pendant un moment d’éliminer l’Hadopi, avant de se rétracter. Je pense qu’il n’a pas vraiment envie de lutter contre les lois injustes de [Nicolas] Sarkozy. Mais, cela m’étonne qu’un candidat qui s’appelle socialiste obéisse autant aux grandes entreprises.
Quelle est votre position sur l’autorité de lutte contre le téléchargement illégal, l’Hadopi ?
- L’Hadopi est injuste. Le but de l’Hadopi est injuste parce qu’elle essaye d’éliminer le partage. Or, partager est bon. Attaquer le partage, c’est attaquer la société. Il faut légaliser le partage des oeuvres. Les moyens de l’Hadopi sont également injustes, parce qu’il s’agit d’une punition sans vrai procès. Sous les pressions des entreprises, l’Etat français a rompu les principes de justice pour assurer l’empire de ces entreprises sur mes citoyens.
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Le Pentagone veut assimiler les cyber-attaques à des actes de guerre
Dans un rapport de 30 pages baptisé « Stratégie du sabotage informatique », le Pentagone détermine que les cyber-attaques pratiquées depuis un pays vers un autre peuvent être assimilées comme étant des actes de guerre. Dans cette optique, les Etats-Unis pourraient donc répondre militairement à des attaques informatiques étrangères.
« Si vous stoppez notre réseau électrique, peut-être que nous allons envoyer un missile sur vos cheminées » donne comme exemple un responsable militaire au Wall Street Journal, qui s’est penché sur le document fraichement finalisé par le Pentagone. L’objectif premier n’est pas d’user de la force à tout va, mais bel et bien de dissuader les pays étrangers d’attaquer les Etats-Unis via les réseaux informatiques.
Certains récents précédents mondiaux, comme la propagation du ver Stuxnet qui a grandement touché les installations nucléaires iraniennes, seraient à l’origine de cette décision du Pentagone. Le week-end dernier, le site de Lockheed Martin, l’un des principaux fournisseurs en armement du gouvernement américain, s’est vu piraté : « J’ai le sentiment que le département de Sécurité intérieure n’en sait pas beaucoup plus sur ce qui se passe » a commenté pour l’occasion Anup Ghosh, un ancien scientifique du Pentagone, auprès de l’agence Reuters. A défaut de savoir se protéger efficacement des cyber-intrusions, la défense américaine opterait donc pour une menace de riposte physique.
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Les Anonymous s’attaquent à la Hadopi
Avec la loi Hadopi, la France s’est placée en tête de file des pays ayant adopté un mécanisme de riposte graduée. De ce fait, la Hadopi est devenue un symbole à abattre pour les Anonymous. Ces derniers organisent depuis l’an dernier des attaques informatiques contre les sites web des ayants droit.
Pour contester les activités des ayants droit, les sympathisants du groupe Anonymous planifient régulièrement des attaques par déni de service distribuées (DDOS) afin de surcharger leurs serveurs informatiques. Si l’opération réussit, le site visé se retrouve alors hors ligne pendant plusieurs ou, dans le meilleur des cas, est difficilement accessible depuis l’extérieur.
Depuis le mois de septembre 2010, plusieurs cibles ont ainsi été définies par les Anonymous. Ces derniers se sont attaqués à des organisations chargées de défendre les intérêts des industries du disque et du cinéma, à des cabinets d’avocats spécialisées dans la propriété intellectuelle ou à des sociétés de gestion des droits d’auteur. Sans oublier le site de la Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet, Hadopi.fr.
Ce week-end, le site web a été désigné comme nouvel objectif par les membres d’Anonymous. Le message a été relayé sur la toile, et en particulier sur la page Facebook dédiée à l’opération Payback. L’un des participants a expliqué que le moyen utilisé serait un petit utilitaire, LOIC, tandis qu’un autre, quelques heures plus tard, a assuré que le site a été indisponible après l’attaque.
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Hacker le système politique est une question de volonté
Plutôt que devenir l’énième incarnation d’un obscur lobby, ils ont choisi leur voie : l’action, avec une » Mémoire Politique »
N’importe quel gratte-papier le sait, les sujets potables émergent régulièrement de l’alchimie des rencontres nocturnes provoquées au gré de l’alcool qui glisse et des heures qui passent. Vendredi soir dernier, au détour d’une soirée dans un appartement dominant majestueusement le bassin de la Villette, un nerd imposant à la chevelure bouclée et au rire sonore m’entretient au rythme de sa bière qui diminue du #hackathon, une performance organisée à l’initiative de la Quadrature du net – ces hérauts français de la liberté numérique absolue. L’espace d’un week-end, une poignées de programmeurs, designers et autres philosophes de l’internet se réunissaient dans le hackerspace d’un squat parisien, avec pour objectif commun de travailler nuit et jour sur la seconde mouture de Mémoire Politique, un site collaboratif ayant vocation à noter tous les eurodéputés du continent, en fonction de leurs votes sur les thématiques numériques discutées à Strasbourg et à Bruxelles.
Mon grand gars de la veille ayant suffisamment attisé ma curiosité, je débarque le samedi en fin d’après-midi dans un colossal immeuble occupé, en plein centre de Paris. Le mélange des genres est assez étonnant. De la porte d’entrée où un jeune rebeu me taxe une clope et me propose de lui acheter chosequel, je passe à un univers complètement distinct quatre étages plus haut. Sur un plateau de plusieurs centaines de mètres carrés, des câbles disputent l’occupation murale à des morceaux de processeurs qu’on imagine avoir été chirurgicalement extraits d’unités centrales obsolètes. Et puis planté là, au milieu d’une salle à moitié vide, une quinzaine de développeurs s’acharnent à coder des lignes incompréhensibles pour le néophyte, ne s’accordant du répit que pour ingérer un peu de fumée ou de bière et éventuellement échanger quelques mots sur l’avancée des travaux.
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L’Hadopi avertit (à tort ?) les parents du candidat du Parti Pirate
Les parents de Maxime Rouquet ont reçu un avertissement de l’Hadopi, qui assure que leur adresse IP a servi à télécharger et partager un film illégalement. Problème : le candidat du Parti Pirate dans les Yvelines affirme que ses parents n’ont jamais rien téléchargé et que leur accès WiFi était protégé.
C’est probablement parmi les pires scénarios imaginés par la Haute Autorité pour la Diffusion des Oeuvres et la Protection des droits sur Internet (Hadopi). Dans sa riposte graduée automatisée, la commission de protection des droits a fait envoyer un courriel d’avertissement à un couple de parents qui n’aurait rien d’extraordinaire… s’ils n’étaient les parents de Maxime Rouquet, le candidat du Parti Pirate qui s’est présenté aux législatives dans les Yvelines. La mauvaise cible par excellence, puisque le bougre médiatise l’affaire et indique qu’il peut « affirmer avec certitude qu’il s’agit soit d’un « faux positif », soit d’un petit malin qui a récupéré le mot de passe du réseau WI-FI« . Ses parents, contrairement à leur progéniture, n’auraient rien de pirates. Ils n’auraient encore moins téléchargé le film Night and Day dont on leur accuse d’avoir permis la contrefaçon par défaut de sécurisation.
« Mes parents m’appellent il y a quelques jours pour me demander si je ne connais pas la meilleure : ils ont été flashés !« , raconte Maxime Rouquet sur son blog du Parti Pirate. « Eux qui ne sauraient même pas utiliser un logiciel de partage de fichier, et dont j’ai correctement sécurisé l’ordinateur et le réseau WI-FI (pour précisément éviter qu’ils ne soient ennuyés plus qu’ils ne l’ont déjà été en raison de ma « carrière » politique)…« , assure-t-il.
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Pourquoi insciter les jeunes à devenir des hackers
(…) De grandes institutions de contrôle veulent que vous ayez peur des hackers, veulent que vous pensiez que l’état d’esprit des hackers est dangereux. (…) Les hackers sont simplement des individus capables qui veulent comprendre les choses pour eux-même. (…) :
1. Les hackers ne sont pas des consommateurs bêtes et disciplinés – alors que les grandes institutions continuent de laver le cerveau des citoyens pour en faire des esclaves du système qu’elles ont créé ; les hackers savent qu’une vie est possible en dehors de ces systèmes fondés sur la dépendance des utilisateurs, une vie meilleure. La dépendance institutionnalisée est tout bonnement en train de nous tuer. Notre dépendance au système alimentaire institutionnel nous rend malade, nous réduit physiquement. La dépendance au système de santé occidental nous ruine. Les principaux partis politiques prêchent cette dépendance ; l’un mettant l’accent sur les grosses institutions gouvernementales, l’autre sur les grosses institutions entrepreunariales. Les hackers pronent une dépendance faible i.e. l’indépendance pour eux et leurs communautés.
2. Les hackers évitent ce que j’appelle « le piège de la connaissance » – notre système éducatif consiste principalement à enseigner quoi penser, non pas comment penser. Ceci, de la maternelle au premier cycle. Les hackers se concentrent sur les compétences plutôt que sur les connaissances, les gens ayant les compétences sont ceux qui survivent. Plus encore, c’est leur attitude qui rend les hackers efficaces. Les connaissances sont moins importantes car ils ont les compétences pour acquérir celle requise lorsque cela devient nécessaire. De plus, leur attitude indépendante les rend résistant au recours à l’autorité.
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